Incarnat 2008 | Poésies & photographies d’Algérie | Carine Iriarte

Leïla Sebbar. Vogages en Algéries autour de ma chambre (Suite 1) (swarthmore.edu)


Sol aride et source a épousé son pas
de ses jambes allongées
père a aspiré
les éclats.

Les éclats de la terre du père,
du père du père,
― terre d’oueds, de pierres.

Rives traversées, dérives succombées,
― elles ont parlé.

Paré du silence des pères, il est revenu chanter :
terre m’a brûlé
sans jamais me blesser.

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Avril est neuf. Alger est braise
Et c’est la nuit ―ya rouhi

Ta bouche inspire, ta langue éclate
insolente!
―Dire, il faut me dire,
les années de brèches
les fraudes de l’histoire
la vie ordinaire, ses chroniques.

Minuit jaillit
―en fourrure d’incarnat.
L’heure profonde avale
les brèches, les fraudes, l’ordinaire
Et dans notre chair, ― le battement silencieux.

Avril est braise
Alger est baume
Et c’est la nuit ―ya rouhi

Incarnat | Carine Iriarte 2008